TÉLÉCHARGER F BLADI DALMOUNI

Ils nous ont drogués avec le haschich de Ketama Ils nous ont laissés comme des orphelins À attendre la punition du dernier jour D'autant que ces dernières années, les ultras n'étaient plus les bienvenus dans les stades marocains, après le décès de deux supporters en avril et la décision administrative de dissoudre les groupes ultras. Autorisés à remettre les pieds au stade depuis avril, "les ultras du Raja vont continuer à être la voix du peuple en interprétant des chants osés qui touchent les jeunes au-delà des stades", prédit Hicham qui a rejoint les ultras du club casablancais, en , à 16 ans. Les ultras sont pour le football local ce que la trap est pour le rap français : un véritable levier de développement. Pour se financer, ils commercialisent des produits dérivés : écharpes, casquettes ou encore bannières. Ces goodies frappés du nom de leur groupe, et non pas celui du club, rencontrent un grand succès.

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Longtemps honnis, les Ultras sont aujourd'hui admirés pour leurs chants revendicatifs dans les stades. Ils sont devenus les porte-voix du malaise social et politique marocain. A la 37e minute, le Raja mène déjà , et sa qualification en demi-finale est quasiment actée en prenant compte la victoire à l'aller Un a cappella mélancolique est entonné au fond du virage sud, "la Magana", et est aussitôt repris par les L'espace d'une chanson, le match est oublié, les gorges se déploient pour chanter "Fi Bladi Dalmouni", le tube de l'été chez les supporters des Aigles verts.

Un moment de communion dans "la Magana" où, pourtant, des échauffourées avaient éclaté une dizaine de minutes plus tôt entre groupes de supporters. Il se trouve qu'à cette période-là, les confrontations entre les groupes Ultras et les forces de l'ordre étaient de plus en plus fréquentes, en particulier à l'intérieur des stades après l'instauration de nouvelles normes de sécurité, dont la multiplication de fouilles à l'entrée.

Les Ultras vivaient le calvaire hebdomadaire, persécutés par les policiers et agents de sécurité, pour le seul motif d'exprimer leurs besoins les plus simples: poser leur bâche, faire virevolter leurs drapeaux, et assister aux matchs pour encourager leur équipe. On nous interdisait notre seul exutoire, et on assistait à la censure de la passion de jeunes qui sacrifiaient tout ce qu'ils possédaient pour leurs couleurs", confient les Ultras Eagles, rares dans les médias, et qui ont voulu répondre en groupe.

La confrontation permanente entre forces de l'ordre et supporters donne lieu à des expressions de colère à connotation sociétale et politique qui résonnent au-delà des stades.

Sous les fumées vertes et blanches des fumigènes, les supporters dénoncent "l'injustice", "la dilapidation des richesses du pays", "le délaissement des jeunes" ou encore "l'oppression de toute une génération". Trois minutes où jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, ne forment plus qu'une seule voix, celle d'un "peuple opprimé dans son pays".

C'était inscrit dans l'ADN de "Fi Bbadi Dalmouni": "Nous sommes citoyens marocains avant tout, ce qui veut dire que nous vivons dans le même pays que les autres Marocains.

Ce qui implique donc d'endurer une même iniquité, un même mépris, et des oppressions quotidiennes communes. Les citoyens du pays, et particulièrement les jeunes, commençaient à avoir la même valeur insignifiante, qu'ils soient morts - broyés ou par balles - ou vivants.

Tous ces ingrédients se sont accumulés et nous ont incités à écrire cette chanson et d'en vociférer les mots tous ensemble. Ceci pour expliquer que la goutte avait fait déborder le vase", ajoutent les Ultras Eagles. A chaque nouvelle rencontre du Raja à domicile, son interprétation par les Ultras du club a gagné en qualité et en intensité. Dans un contexte aussi chaud qu'une hinchada argentine. Ce match du Raja face à Cara Brazzaville est intervenu à un moment d'anxiété sociale, nourrie par un boycott politisé de marques commerciales, les condamnations des leaders du Hirak et l'annonce du retour du service militaire.

La mort de Hayat Belkacem, une Tétouanaise de 19 ans tuée par les balles de la Marine royale, alors qu'elle tentait de traverser clandestinement le détroit de Gibraltar, est venue raviver les braises de la colère. Le chant séduit l'opinion publique, et des personnalités publiques, pourtant étrangères à la chose footballistique nationale -et au ballon rond en général-, avouent leur admiration.

Des mots de la réalité impitoyable. Des mots révolutionnaires. Des mots sans espoir". Tous les contempteurs du football, "opium du peuple", découvrent subitement sa portée sociale. Depuis, les paroles du chant ont été traduites en français, en anglais et même en allemand.

Dans la section commentaires, on ne tarit pas d'éloges sur la profondeur des rimes, le sens des mots, on s'identifie au texte et aux souffrances décrites par le ou les auteur s. Sur les pages Facebook qui s'intéressent au football marocain, des appels ont été lancés pour que le chant soit repris par les supporters de tous les clubs nationaux, abstraction faite de leurs divergences. Le phénomène "Fi Bladi Dalmouni" a levé le voile sur une nouvelle facette des Ultras, régulièrement pointés du doigt - à tort - pour les incidents avant, pendant et après les matchs.

A savoir, un mode d'expression chez les jeunes Marocains qui ne croient pas aux partis politiques et aux acteurs associatifs et adhèrent davantage aux groupes Ultras où n'importe qui peut devenir quelqu'un sans que l'on se pose la question d'où il vient ni quel est son niveau social ou intellectuel", observe le sociologue Abderrahim Bourkia, auteur de Des Ultras dans la ville La Croisée des Chemins, Plus que toute autre frustration, celle d'être économiquement incapable de suivre les déplacements de son club fétiche attise la hargne d'une jeunesse souvent victime de répression.

Entre encouragement des joueurs de leurs équipes et moqueries des rivaux wydadis et faraouis, le chant est une ode au hrig, à "sortir de la misère" pour un "avenir meilleur" dans "les contrées où la lumière jaillit".

Les mêmes éléments de langage sont à retrouver dans "Babour Liberté", un des chants les plus populaires de l'année Les jeunes sont livrés à eux-mêmes, agressés par leur quotidien, sujets à de vives inquiétudes: pauvreté, chômage, manque de formation, analphabétisme, délinquance ou autres.

Notre interlocuteur nie pourtant toute appartenance politique du groupe, malgré les charges sociales et politiques que son discours peut comporter.

Mais s'il y a des membres dans tous les groupes Ultras au Maroc qui sont politisés, le noyau dur refuse toute influence possible. Pour eux, ils sont là pour le foot et non pas pour parler politique ou problème sociaux, c'est leur principale raison d'être", explique Ayoub, pour qui "un groupe ultra tient le bout d'un fil de suture qui regroupe des gens de tout milieu social et intellectuel".

Quant aux messages envoyés par le groupe, il explique qu'"un suffrage est systématiquement organisé pour décider collectivement et éviter que les divergences sociales, politiques ou intellectuelles prennent le dessus". Pourtant, ils défendent un point de vue sur la société et sur leurs situations socio-économiques.

Si leurs cris s'adressent en premier lieu aux dirigeants, aux responsables de la fédération et aux exploitants des stades, certains groupes formulent aussi des revendications à caractère social et politique, selon l'actualité et le contexte socio-économique et politique du pays", analyse le sociologue.

Les Ultras font des tribunes le théâtre d'une catharsis collective. Il était question de déterminer s'il fallait écrire l'amazigh en lettres latines, arabes ou en tifinagh. Les supporters du Hassania ont fait leur choix et déroulé des banderoles écrites en tifinagh.

Leurs chansons, en amazigh également, exprimaient leur besoin de reconnaissance identitaire", rappelle-t-il. Ainsi, on pouvait entendre des slogans tels que "l'Hassania aux Amazighs et seulement aux Amazighs", ou encore "le Hassania doit se battre pour nous Amazighs " Le cas du Hassania correspond à celui de la Jeunesse Sportive de Kabylie. Chez nos voisins de l'est, la JSK représente bien plus qu'un simple club de foot, elle est le porte-étendard de la lutte identitaire de toute une région.

Dans une interview accordée au site La Dépêche de Kabylie, l'ancien international algérien et joueur du club, Mouloud Iboud, voit en "la JSK un club différent des autres, elle a participé au fait que le tamazight soit connu et reconnu et par l'établissement de son statut dans le pays. On a contribué, à notre façon, à l'épanouissement de la culture et de l'identité berbères".

Ils ont trouvé un espace d'expression pour faire passer le message. C'est grâce à la JSK que, venus des quatre coins du pays pour nous soutenir, ils ont pu passer ce noble message C'est pour dire qu'on a été à l'avant-garde de ce combat comme c'est le cas pour d'autres qui ont lutté, chacun à sa manière, pour que le tamazight triomphe", se souvient le joueur. Le Hirak des stades Le stade comme vecteur d'affirmation identitaire, on le retrouve aussi dans le Rif.

Ils ont été décimés par la vague d'arrestations des manifestants du Hirak. Chacun d'eux attirait sa cohorte au stade", témoigne un supporter du Chabab Rif. Les supporters d'Al Hoceïma réclamaient la libération des détenus du Rif à l'unisson des militants du Hirak, ce qui leur a valu une série d'interpellations et d'interrogatoires. Sans oublier le drapeau rouge au losange blanc de l'éphémère République du Rif. Après les séries d'arrestations, les deux groupes d'Ultras du Chabab Rif Al Hoceïma se sont mis en stand-by.

Plus de tifos ni de drapeaux. Mais les supporters se sont mis à scander le serment que faisaient les habitants à la fin des réunions publiques du Hirak. Des "3ach Arrif wala 3acha man khanah" vive le Rif et mort à ses traîtres ponctuaient les matchs du CRA, suivis de couplets exigeant la libération des leaders emblématiques du Hirak comme Nasser Zafzafi, Mohamed Jelloul et Nabil Ahamjik. Si bien qu'après chaque match, une série d'interpellations et d'interrogatoires au commissariat avaient lieu suite aux appels à la libération des détenus du Hirak scandés dans le stade Mimoun El Arsi.

Avant, il m'arrivait de soutenir de mes propres deniers certains de leurs déplacements. Mais avec tout ce qui s'est passé, eux-mêmes ont compris que l'heure n'est pas à la fiesta", explique un ancien haut dirigeant du club, lorsque l'on évoque avec lui la désertion du stade. Les Ultras du Chabab Rif ont été décimés par la vague d'arrestations du Hirak.

L'équipe en a été réduite à jouer devant des tribunes vides. Bien au contraire, les supporters du Raja et du Wydad ont été appelés à la rescousse pour faire la claque pour Mohammed VI.

Alors que la contestation sociale battait son plein dans la rue, les gradins du Stade d'honneur lors du derby ou ceux de Marrakech accueillant les Lions de l'Atlas face à l'Algérie se drapaient de tifos en hommage à Mohammed VI.

Ainsi, des "Magana messmouma takrahou elhoukouma la Magana a le verbe tranchant et venimeux, déteste le gouvernement ", des "Malikouna wahed Mohammed assadiss ou al baky cheffara ou âlina hagara on a un seul roi, Mohammed VI, et les autres sont des voleurs qui nous méprisent " et des "Mâamrine chkara bi flouss alfoukara ils remplissent leur porte-monnaie avec l'argent des pauvres " ont été scandés au stade Mohammed V. Aujourd'hui, sept ans plus tard, plus de chant d'allégeance au roi, mais des rimes tout aussi accusatrices vis-à-vis des responsables.

Le 19 décembre , les Ultras du Raja ont improvisé une chorégraphie lors du match opposant les Verts au Moghreb Athlétic Tétouan Vêtus de blouses blanches et de bleus de travail, ils ont dénoncé la programmation du match un mardi après-midi à coups de "Mabghitouna neqraou, mabghitouna nkhedmou, mabghitouna naou3aou bach tbqaou fina thakmou vous ne voulez pas qu'on fasse des études, vous ne voulez pas qu'on travaille et vous ne voulez pas qu'on prenne conscience, pour que vous continuiez à nous gouverner ".

Récemment, la nouvelle de la fermeture du Stade Mohammed V pour cause de travaux a attisé la colère des Ultras casablancais, blasés de voir les matchs de leurs équipes délocalisés, pour la énième fois en quelques années. Les Ultras Eagles ont profité de la rencontre opposant le Raja au Rapide Oued Zem, le 19 décembre dernier, pour exprimer leur courroux à l'encontre de Casa Aménagement et Casa Events, les deux sociétés de développement local en charge de la gestion de Donor.

Un message "en référence à Casa Events et Casa Aménagement, en raison de leur mauvaise gestion et leur dilapidation de l'argent public", explique le groupe sur sa page Facebook. Une exaspération concrétisée par l'annonce par les Ultras des deux rivaux bidaouis de boycotter le derby programmé le 7 janvier à Marrakech.

Chose assez rare pour être soulignée, les frères ennemis des Curvas Sud Raja et Nord Wydad ont publié un communiqué conjoint où ils dénoncent le caractère "randomisé et aléatoire de la gestion sportive au Maroc, où la confusion et l'improvisation sont devenus les maîtres-mots dans la prise de décision".

Green Boys, Eagles et Winners fustigent la délocalisation du derby, la comparant à un "cirque ou un festival de musique". Pour eux, "il est honteux de voir nos responsables incapables d'organiser un match de football local, alors qu'ils comptaient dans le même temps accueillir des événements sportifs internationaux la Coupe du Monde , ndlr et continentaux la Coupe d'Afrique des nations, ndlr ". L'incompétence des élus aura au moins réussi a réconcilier les Ultras des deux rivaux éternels.

Florilège: Ils connaissent la chanson Les chants des supporters décrivent le mal-être d'une génération qui estime n'avoir aucun avenir au Maroc. Bsawt cha3b Bsawt cha3b lli ma9mou3 bsawt nass lmahmouma Avec la voix du peuple, avec celles des gens désespérés Jayn ghani jayn goul jay naclaché l7oukouma Je viens chanter, parler, je viens clasher le gouvernement Ftoghyane fatou lahdoud bal matraque darbouna Leur tyrannie a dépassé les bornes, leurs matraques nous ont frappés Liberta bab ha masdoud fal virage ra khan9ouna La porte de la liberté est fermée et dans le virage ils nous ont étouffés Chaque parti kin craqué caméra fya visé A chaque fois que je craque un fumigène la caméra me vise Fi bladi dalmoni.

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Raja casablanca الرجاء البيضاوي

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Vidéo. Comment l’hymne du Raja est devenu le slogan des manifestants algériens

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