TÉLÉCHARGER LE LIVRE LE MONDE SEFFONDRE PDF

Ils étaient très contents et beaucoup commencèrent à se préparer pour ce grand jour. Ils se peignirent le corps avec du bois de cam rouge et le décorèrent de magnifiques dessins avec l'uli. Monsieur Tortue assista à ces préparatifs et ne tarda pas à comprendre ce qu'ils signifiaient. Rien de ce qui se passait dans le monde des oiseaux ne lui échappait : il était plein de ruse.

Nom:le livre le monde seffondre pdf
Format:Fichier D’archive
Système d’exploitation:Windows, Mac, Android, iOS
Licence:Usage Personnel Seulement
Taille:13.82 MBytes



Ils étaient très contents et beaucoup commencèrent à se préparer pour ce grand jour. Ils se peignirent le corps avec du bois de cam rouge et le décorèrent de magnifiques dessins avec l'uli. Monsieur Tortue assista à ces préparatifs et ne tarda pas à comprendre ce qu'ils signifiaient.

Rien de ce qui se passait dans le monde des oiseaux ne lui échappait : il était plein de ruse. Et dès qu'il entendit parler du grand festin au ciel, sa gorge se mit à le démanger rien que d'y penser.

La famine sévissait à cette époque et Tortue n'avait pas mangé depuis deux lunes un repas digne de ce nom. Son corps faisait un bruit de bois sec dans sa coquille vide. Alors il se mit à réfléchir à un moyen d'aller au ciel.

Tu es plein de ruse et tu es ingrat. Si nous te laissons venir avec nous, tu ne tarderas pas à faire des histoires. J'ai changé et je ne suis plus le même. J'ai compris que celui qui embêtait les autres s'embêtait lui-même.

Les oiseaux furent convaincus en un rien de temps qu'il n'était plus le même et chacun lui donna une plume pour qu'il se fasse deux ailes. Le grand jour étant enfin arrivé, Tortue fut le premier au lieu de rendez-vous fixé pour le départ.

Quand les oiseaux furent au complet, ils s'envolèrent tous ensemble. Tortue était très content et bavardait à tort et à travers tout en volant parmi eux, et ils ne tardèrent pas à le choisir pour parler en leur nom car il avait un grand talent d'orateur.

Quand on est invité à un grand festin comme celui-ci, on prend des noms pour l'occasion. Nos hôtes du ciel vont s'attendre à ce que nous fassions honneur à cette ancienne coutume. Chacun prit donc un nouveau nom. Et Tortue fit de même. Il s'appellerait " Vous-Tous ". Ils arrivèrent enfin au ciel et leurs hôtes les accueillirent avec joie.

Tortue se présenta dans son plumage multicolore et les remercia pour leur invitation. Son discours était si éloquent que tous les oiseaux se félicitaient de l'avoir amené avec eux et hochaient la tête en l'écoutant. Leurs hôtes le prirent pour le roi des oiseaux, en particulier parce qu'il était si différent des autres. Après qu'on eut offert et dégusté des noix de cola, les gens du ciel posèrent devant leurs invités les mets les plus fins et les plus délicieux dont Tortue ait jamais rêvé.

La soupe était servie fumante et dans la marmite où elle avait cuit. Elle était pleine de viande et de poisson. Tortue se mit à la humer à grand bruit. Il y avait de l'igname pilée et aussi du potage d'igname cuit avec de l'huile de palme et du poisson frais. Et des pots de vin de palme. Quand tout fut disposé devant les invités, l'un de leurs hôtes du ciel s'avança pour goûter un peu de chaque mets. Puis il invita les oiseaux à manger. La coutume ici veut qu'on serve d'abord le porte-parole et les autres après.

On vous servira quand j'aurai mangé. Les gens du ciel se disaient que c'était certainement la coutume, chez le peuple des oiseaux, de laisser toute la nourriture à son roi.

Et Tortue mangea ainsi la meilleure part de chaque chose puis but deux pots de vin de palme, si bien qu'à la fin il était bourré de nourriture et de boisson et sa carapace pleine à craquer. Les oiseaux firent cercle pour manger ce qui restait et picorer les os qu'il avait jetés par terre autour de lui.

Certains étaient trop furieux pour manger. Ils choisirent de rentrer chez eux le ventre vide. Mais avant de se séparer, chacun reprit à Tortue la plume qu'il lui avait prêtée. C'est ainsi qu'il se retrouva dans sa carapace bourrée de nourriture et de vin, sans ailes pour redescendre chez lui. Il demanda alors aux oiseaux de porter un message à son épouse, mais tous refusèrent. Jusqu'à ce que Perroquet, qui s'était montré le plus furieux contre lui, change soudain d'avis et accepte de lui rendre ce service.

Mais une fois chez Tortue, il dit à sa femme de sortir tout ce qu'il y avait de dur dans la maison. Elle sortit donc les pioches de son mari, ses machettes, ses lances, ses fusils et même son canon. En regardant du haut du ciel, Tortue aperçut sa femme qui sortait un tas de choses de leur maison, mais de si loin il ne distingua pas lesquelles. Quand tout lui parut prêt, il s'élança. Il tomba et tomba et tomba, au point de se demander si ça n'allait pas durer toujours.

Puis il s'écrasa au sol et son canon n'aurait pas tonné plus fort que le bruit de sa chute. Mais il y avait un homme-médecine dans le voisinage. La femme de Tortue l'a fait venir, il a ramassé tous les morceaux de carapace et il les a recollés. C'est pour cette raison que la carapace de Tortue n'est pas lisse. Première partie, Chapitre XI. Le prétendant de ma fille doit venir aujourd'hui et je pense que nous allons nous mettre d'accord sur le montant de la dot.

Je veux que tu sois là. Obierika avait à son côté ses deux frères aînés et Maduka, son fils âgé de seize ans. Elle donna le plateau au frère aîné de son père avant de serrer, très timidement, la main de son prétendant et celle des parents de celui-ci. Elle avait environ seize ans et était belle et mûre à point pour le mariage. Sa coiffure formait une crête bien centrée sur son crâne. Elle avait la peau légèrement frottée au bois de cam et tout son corps s'ornait de motifs dessinés à l'uli.

Un collier noir à trois rangs tombait juste au-dessus de ses seins à la rondeur appétissante. Elle portait aux bras des bracelets rouges et jaunes, et autour de la taille quatre ou cinq rangs de jigida, les ceintures de perles. Après avoir serré les mains, ou plutôt tendu la sienne à serrer, elle repartit dans la case de sa mère pour l'aider à faire la cuisine. C'était un vin excellent, et fort, car malgré le fruit du palmier fixé à l'embouchure du pot contenant la liqueur, une mousse blanche débordait et se répandait tout autour de l'embouchure.

C'est seulement quand ils eurent vidé le pot que le père du prétendant s'éclaircit la voix et annonça le motif de leur visite. Obierika lui tendit un petit fagot de courtes baguettes. Ukegbu les compta.

Obierika acquiesça d'un hochement de tête. Tous trois se levèrent et sortirent. Quand ils revinrent, Ukegbu tendit le fagot de baguettes à Obierika. Celui-ci compta. Il n'y en avait plus trente, mais quinze.

Donc, nous descendons. Ajoutant dix baguettes aux quinze restantes, il rendit le tout à Ukegbu. C'est ainsi que la dot d'Akueke fut finalement fixée à vingt sacs de cauris. Le jour tombait quand les deux parties parvinrent à cet accord. Si tu partages une autre igname de cette taille, je te briserai la mâchoire. Tu imagines que tu es encore un enfant. J'avais ton âge quand j'ai possédé ma première ferme. Et toi, disait-il à Ikemefuna, ne cultivez-vous pas d'ignames là d'où tu viens?

Au fond de lui-même, Okonwko savait que les garçons étaient encore trop jeunes pour comprendre pleinement l'art difficile de préparer des plants d'ignames. Mais il pensait qu'on ne peut jamais commencer trop tôt. Les ignames étaient le signe de la virilité, et celui qui pouvait faire vivre sa famille sur des ignames d'une récolte à une autre était un très grand homme de vérité.

Okonkwo désirait que son fils soit un grand fermier et un grand homme. Il étoufferait les signes inquiétants de paresse qu'il pensait déjà décelé en lui.

Je préférerais l'étrangler de mes propres mains. Et si tu restes à me regarder fixement comme cela, jura-t-il, Amadiora te brisera la tête pour ta peine!

Okonkwo leva les yeux, surpris : de la pluie à cette époque de l'année? Mais partout, déjà, éclataient des cris de joie. Umuofia, sortant de son assoupissement de milieu de journée, reprenait soudain vie et activité. Les sauterelles ne s'étaient pas montrées depuis de nombreuses années, et seuls les vieux les avaient déjà vues.

On vit d'abord arriver un essaim plutôt modeste : l'avant-garde chargée de reconnaître les lieux. Puis apparut à l'horizon une masse sombre et lente comme un rideau de nuages noirs dont on n'apercevait pas les contours et qui avançait vers Umuofia.

La moitié du ciel fut bientôt recouverte et la masse solide fut transpercée de minuscules yeux de lumière, comme une poussière d'étoiles. C'était un spectacle extraordinaire de puissance et de beauté. Tout le monde était là, parlant avec excitation et priant pour que les sauterelles campent à Umuofia pour la nuit.

Car même si les sauterelles n'étaient pas venues depuis bien des années, tous savaient d'instinct qu'elles étaient bonnes à manger. Et elles se posèrent enfin.

TÉLÉCHARGER EBUDDY MOBILE CLUBIC GRATUIT

«Le monde s'effondre» de Chinua Achebe

.

TÉLÉCHARGER NET BINZ GRATUIT

.

Similaire